14/04/2013

Les petites histoires de l'Histoire

 

Par Jorges Prunes.

 

Pour la première de cette rubrique, une page de l'Histoire de France.

Marie-Thérèse d'Autriche, l'infante d'Espagne et Marie Antoinette, princesse d'Autriche. Ces noms vous sont sans doute familiers, et pour cause, ce sont des Reines de France.

Elles sont les épouses respectives des Rois Louis XIV et Louis XVI. Mais savez-vous comment s'appelle l'épouse du Roi Louis XV ? Probablement que non, car l'Histoire a davantage retenu le nom et les frasques de sa maitresse, la Marquise de Pompadour.

En 1717, Marie Leczinska a 14 ans. Son père, Stanislas 1er, est l'ex-roi de Pologne, déchu depuis 13 ans. Sa sœur ainée, la préférée des ses parents, vient de décéder. Trois ans plus tard, en 1720, le Roi de Suède Charles XII, protecteur de Stanislas 1er, décède lui aussi. A nouveau contrainte à l'exil, la famille royale polonaise passe de Stockholm à Wissembourg, en Alsace. Il ne reste alors qu'une seule issue à cette famille pour sortir de l'infortune : marier leur fille.

Le parti idéal serait évidement un prince de sang, ce qui mettrait définitivement la famille à l'abri de tout souci matériel. Hélas, Marie est sans dot. Cependant, Madame de Prie jette son dévolu sur Marie pour en faire l'épouse du Duc de Bourbon (le premier ministre de Louis XV) dont elle est à la fois l'intrigante et l’influente maitresse. Mais tout cela est sans compter sur le hasard, dont l'Histoire a les secrets.

Louis XV aura littéralement le coup de foudre pour cette cendrillon sans le sou. Contre toute attente, Marie Leczinska va ainsi faire son entrée à la Cour du plus prestigieux royaume de l'époque. Et par la grande porte.

Madame de Prie considérait ce mariage comme une mésalliance. La nouvelle Reine lui devant tout, aurait dû être effacée, manipulable, infériorisée. Elle se trompa lourdement et finit par se suicider d'ennui, exilée dans ses terres après avoir subi la disgrâce du Duc, lui même disgracié par le Cardinal Fleury.

les petites histoires de l'histoire.jpgAinsi, pour la première fois, la Cour de France connut un vrai mariage d'amour. Le couple y vécut 10 ans de bonheur, et surtout de fidélité. Vieillie prématurément par dix grossesses successives, Marie finira par être délaissée par son royal époux, qui aura de nombreuses liaisons. Après la jalousie vint la résignation. Jusqu'à ce que Louis XV rencontre madame de Pompadour, qui aura l'intelligence de suggérer à son amant d'accorder quelques attentions à son épouse. Et ce curieux ménage à trois durera près de vingt ans.

Bien que totalement délaissée par le Roi, Marie Leczinska passera toute sa vie à Versailles, contrairement aux autres reines dans le même cas. Elle vivra comme elle l'entendait, dans les cabinets de ses appartements, jouissant d'une liberté quasi totale, jusqu'alors inconnue des reines de France. Elle s'adonnera entre autres à la peinture et à la musique. Mais c'est surtout à ses œuvres de charité qu'elle consacrera l'essentiel de son temps, récoltant des vêtements et du linge pour les indigents. Elle ira jusqu'à vendre ses bijoux et en porter de faux pour acheter des biens à redistribuer. Durant sa longue agonie, des milliers de gens viendront prier pour la Bonne Reine, surnommée ainsi par peuple à cause de sa philanthropie.

Si Marie Leczinska a souvent été décriée comme étant une bigote, laide, sans esprit et même frigide, elle avait un défaut bien réel celui-là : la gourmandise. Elle fit d'ailleurs venir son cuisinier de Pologne. Il était fréquent de la voir indisposée par une indigestion. Innovante, c'est à elle que l'on doit entre autres l'introduction des lentilles dans notre alimentation, ainsi que de nombreuses recettes qui sont toujours très populaires de nos jours.

La plus connue étant sans nul doute les Bouchées à la Reine. Merci ma Reine ! 

07:41 Écrit par Les Amis Ren dans N° 79 | Lien permanent | Commentaires (0)

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